Marianne Poncelet
Accueil
Actualité
Livres
Textes
Préfaces
Inspiration
Presse
Liens
Contact
Recherche
Derniers articles
Accueil arrow Préfaces arrow Réflexions sur Romuar


Réflexions sur Romuar

par Yehudi Menuhin

L'allégorie de Marianne Poncelet, c'est la vérité profonde exprimée en fantaisie. C'est la vérité de la vie représentée par Romuar : lumineuse, colorée, vibrante et toujours fluide, changeante, mouvementée et néanmoins en équilibre dynamique.

C'est la mort qui est l'agent de cet équilibre et qui en permet la continuité même : belle, inévitable, essentielle à la vie.

Mais alors, le vrai fléau, la vie « morcelée », c'est de vivre la mort, la négation de tout ce qui est la vie, en imposant la rigidité à la fluidité, en réduisant l'homme même en parcelles carrées, la vie en conserves rangées docilement, « carrément » dans un superbe supermarché également carré, peuplé par des corps et des têtes carrées, aux cœurs pétrifiés, carrés eux aussi.

L'homme, toujours obsédé par la peur de la mort, cherche à usurper un droit qui n'est pas le sien en imposant aux autres ce qu'il craint le plus. Ce faisant, il viole de ses propres mains la loi universelle qui exige l'acceptation sans réserve de ses propres limites. Tiraillé par le désir de donner la mort et celui de créer la vie, il reste prisonnier de lui-même, car ni l'une ni l'autre ne dépendent de lui. La seule création qui lui est accordée est l'art : une création toute symbolique d'ailleurs, qui n'est rien d'autre que la traduction d'un élan vital qui le dépasse et devant lequel il lui convient de pratiquer l'humilité. Car finalement, l'art aussi lui échappe.

Et pourtant l'homme veut tout dominer. Il croit le faire en massacrant ses semblables, au lieu de chercher en lui-même, dans son cœur et dans son âme, cet élément éternel et universel qui lui accorderait le privilège de partager une vie sans fin.

J'aimerais que chaque enfant de sept ans puisse lire ce petit livre. Il en tirera des vérités qui l'accompagneront pendant toute sa vie. Il saura comment poursuivre le vrai travail, l'obligation éternelle de chaque humain de transformer le dur et le brutal en tendresse et en subtilité, le fruste en raffiné, la laideur en beauté, la confrontation en collaboration, l'ignorance en connaissance, retrouvant ainsi le rêve de l'enfant dans une réalité créatrice sans cesse renouvelée par la mort, servante de la vie et par la vie, servante de l'amour.


Yehudi Menuhin
Dernière mise à jour : ( 28-05-2007 )
 
< Précédent
06 février 2012
ill2.jpg
ill1.jpg
ill5.jpg

Site content © 2012 Marianne Poncelet
Carte du site * Droits d'auteurs * Login
Conception site : Better Living Productions
Illustrations de Marc Haeghens et Mari Takács
Template by Mambomango